Georges Mikautadze : Villarreal attend son buteur

Georges Mikautadze : Villarreal attend son buteur

Georges Mikautadze : Villarreal attend son buteur

Georges Mikautadze : un début de saison à deux visages à Villarreal

Mardi 13 octobre, Estadio de la Cerámica. Naples mène depuis la 8e minute sur un but d’Amir Rrahmani, et Villarreal semble parti pour une nouvelle soirée européenne à oublier. Puis Matteo Politano rate sa passe en retrait. Georges Mikautadze surgit, ne tremble pas, et remet les deux équipes à égalité à la 23e minute. Le Sous-marin jaune finit par l’emporter 3-1.

Voilà le Mikautadze qu’on aime : opportuniste, rapide dans la tête, jamais résigné. Le problème, c’est que quatre jours plus tard, contre Elche, il regardait le coup d’envoi depuis le banc. Entré à la 66e minute, il n’a pas pu empêcher un 0-0 frustrant à domicile.

Du coup, une question se pose à quelques jours de ses 26 ans (il est né le 31 octobre 2000) : quel rôle a vraiment l’ancien buteur de Metz et de l’OL dans le nouveau Villarreal d’Iñigo Pérez ?

Un été qui a tout changé au Sous-marin jaune

Pour comprendre la situation, il faut revenir quelques mois en arrière. La saison 2025-2026 de Villarreal a été remarquable : troisième de Liga derrière le Barça champion et le Real Madrid, qualifié pour la Ligue des Champions pour la deuxième année consécutive. Une première dans l’histoire du club.

Et Mikautadze y a pris une grosse part. Arrivé de Lyon le 1er septembre 2025, contre un chèque d’environ 31 millions d’euros selon plusieurs sources, il a terminé sa première saison espagnole avec 13 buts et 6 passes décisives en 32 matchs de Liga. En février 2026, il a même été élu joueur du mois du championnat. Pas mal pour un garçon qui découvrait la Liga.

Mais l’été a rebattu les cartes. Marcelino, l’homme qui l’avait fait venir et qui en avait fait son numéro 9, a quitté le club faute d’accord sur une prolongation. Pour le remplacer, Villarreal a misé sur Iñigo Pérez, 38 ans, révélation de la saison sur le banc du Rayo Vallecano, qu’il a emmené jusqu’en finale de la Ligue Conférence (perdue 1-0 contre Crystal Palace). Il a signé jusqu’en 2029.

Nouveau coach, nouvelles idées, nouvelle hiérarchie. Et c’est là que ça se complique.

Georges Mikautadze face à la concurrence d’Oluwaseyi et Ayoze

Concrètement, Iñigo Pérez a souvent aligné un duo Ayoze Pérez – Tani Oluwaseyi en pointe, dans un 4-4-2. Contre Elche, c’était encore le cas. Mikautadze, lui, alterne entre titularisations et entrées en cours de match.

Ses statistiques en Liga s’en ressentent : 2 buts et 1 passe décisive en 9 matchs, pour un temps de jeu limité (un peu plus de 440 minutes). Ce n’est pas catastrophique. Mais pour un joueur qui a porté l’attaque la saison dernière, c’est un net coup de frein.

Pour être honnête, le contexte collectif n’aide pas. Villarreal a démarré son championnat de façon irrégulière, avec des revers contre le Deportivo La Corogne (2-3) et le Betis (1-2) à domicile, puis une courte défaite au Bernabéu (1-0). Difficile de briller quand l’équipe cherche encore son identité.

Ses derniers matchs passés au crible

Avant d’aller plus loin, voici le détail de ses principales sorties depuis début septembre, en club. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : beaucoup d’entrées en jeu, peu de matchs complets.

DateCompétitionMatchScoreRôle de Mikautadze
5 septembreLiga (J4)Villarreal – Deportivo La Corogne2-3Remplaçant
8 septembreLigue des ChampionsDortmund – Villarreal3-2Titulaire, 1 passe décisive
14 septembreLiga (J5)Villarreal – Betis1-2Titulaire
17 septembreLiga (J6)Málaga – Villarreal1-3Remplaçant
20 septembreLiga (J7)Villarreal – Levante3-1Remplaçant, 1 but
10 octobreLiga (J8)Real Madrid – Villarreal1-0Remplaçant
13 octobreLigue des ChampionsVillarreal – Naples3-1Buteur (23e)
17 octobreLiga (J9)Villarreal – Elche0-0Entré à la 66e

Ce qui frappe, c’est son efficacité dans les temps courts. Contre Levante, il a marqué en sortant du banc. Contre Dortmund, titulaire, il a été décisif malgré la défaite. Résultat ? Même en version réduite, il pèse. Et selon les données compilées par plusieurs sites de stats, il fait partie des joueurs de l’effectif qui cadrent le plus de frappes cette saison.

Naples, une soirée qui compte double

On ne va pas se mentir : la victoire contre Naples a fait un bien fou à tout Villarreal. La saison dernière, le club n’avait gagné aucun de ses huit matchs de phase de ligue (un nul, sept défaites). Un vrai traumatisme pour une équipe qui brillait pourtant en Liga.

Cette fois, le scénario a basculé grâce à trois buts : Mikautadze, puis une frappe lointaine de Santiago Mouriño et enfin Oluwaseyi en fin de match. Le but du Géorgien était son premier en Ligue des Champions depuis un an. Un détail ? Pas vraiment. Il a lancé la remontada et rappelé à son coach qu’il savait se montrer présent dans les grands rendez-vous.

Voici ce qu’on retient de sa prestation :

  • un pressing utile sur la relance napolitaine, récompensé par l’erreur de Politano ;
  • une finition propre, sans hésitation, dans une zone où beaucoup auraient trop réfléchi ;
  • un impact immédiat sur le moral de l’équipe, menée et sous pression à ce moment-là ;
  • la preuve qu’il reste une option crédible en C1, où l’expérience compte.

Prochaine étape européenne : un déplacement à Anfield pour affronter Liverpool. Autant dire un test d’un autre calibre.

D’où vient ce buteur pas comme les autres ?

Petite digression, parce que l’histoire de Mikautadze mérite qu’on s’y arrête. Ce n’est pas un attaquant comme les autres, et son parcours explique beaucoup de choses sur son caractère.

Georges Mikautadze, l’enfant de Gerland devenu héros géorgien

Né à Lyon, dans le quartier de Gerland, il a fait ses premiers pas au FC Gerland avant de rejoindre le centre de formation de l’OL, où il est resté jusqu’à 15 ans. Ensuite ? Saint-Priest, puis Metz, où il a vraiment explosé.

Prêté à Seraing en Belgique, il revient en Lorraine en 2022 et termine meilleur buteur de Ligue 2 avec Metz, qui remonte dans l’élite. Ajax le recrute, mais l’aventure néerlandaise tourne court. Retour à Metz en prêt en janvier 2024, et là, il met le feu à la Ligue 1. Au total, il a disputé 64 matchs toutes compétitions confondues avec les Grenats, pour 38 buts et 13 passes décisives, d’après les chiffres communiqués par l’OL au moment de son transfert.

Puis vient l’Euro 2024. Avec la Géorgie, qualifiée pour son premier grand tournoi, il inscrit 3 buts et termine co-meilleur buteur de la compétition. La Géorgie atteint les huitièmes de finale. Dans un pays où le foot est une passion nationale, il devient une icône.

Le retour à Lyon, entre rêve et désillusion

À l’été 2024, il choisit son club de cœur plutôt que Monaco. Lyon débourse 18,5 millions d’euros, plus des bonus potentiels jusqu’à 4,5 millions. Le début est poussif : aucun but lors de ses dix premières sorties. Mais il finit par trouver la bonne carburation, avec 11 buts en Ligue 1 sur la saison 2024-2025, souvent en sortant du banc derrière Alexandre Lacazette.

Sauf que l’OL traverse alors une crise financière majeure, avec la DNCG en embuscade. En janvier 2025, le club repousse une offre de Galatasaray proche de 21 millions, selon Téléfoot. Mais à l’été 2025, la vente devient presque inévitable. Il part à Villarreal le dernier jour du mercato. Une page se tourne, avec un goût d’inachevé pour beaucoup de supporters lyonnais.

Ses chiffres de carrière en un coup d’œil

Pour mesurer le chemin parcouru, voici un résumé de ses saisons les plus marquantes. Les données proviennent des bilans officiels et des principales bases statistiques.

SaisonClubCompétitionMatchsButsPasses déc.
2022-2023FC MetzLigue 2–23–
2024-2025Olympique LyonnaisLigue 1–11–
2025-2026VillarrealLiga32136
2025-2026VillarrealLigue des Champions710
2026-2027 (au 20/10)VillarrealLiga921
2026-2027 (au 20/10)VillarrealLigue des Champions211

Le constat est simple : partout où il a eu du temps de jeu régulier, il a marqué. C’est précisément ce qui rend sa situation actuelle intrigante.

Avec la Géorgie, un automne compliqué

En sélection, l’ambiance n’est pas non plus à la fête. La Géorgie a raté la Coupe du monde 2026, terminant troisième d’un groupe dominé par l’Espagne, future championne du monde, et la Turquie. Mikautadze avait pourtant marqué contre la Bulgarie (3-0), mais ça n’a pas suffi.

Cet automne, les résultats sont restés maigres. Sur les quatre rencontres de septembre et d’octobre, la Géorgie n’a pas gagné : défaites contre l’Irlande du Nord (0-1) et la Hongrie (0-1), nuls contre l’Ukraine et l’Irlande du Nord (0-0). Et Mikautadze n’a pas trouvé le chemin des filets. Franchement, entre un banc en club et une sélection en panne d’efficacité, le Géorgien vit une période moins flamboyante.

Il reste malgré tout l’un des meilleurs buteurs de l’histoire de sa sélection, avec plus de vingt buts internationaux. Un statut qui ne s’efface pas en quelques semaines difficiles.

Ce que Georges Mikautadze doit encore prouver

Alors, faut-il s’inquiéter ? Pas forcément. Mais attention, la fenêtre pour s’imposer dans le système d’Iñigo Pérez ne restera pas ouverte éternellement. Pour faire simple, voici les leviers qui peuvent jouer en sa faveur :

  • sa polyvalence : capable de jouer en 9, en soutien ou dans un rôle de faux neuf, il offre plusieurs solutions à son coach ;
  • son efficacité dans les temps faibles, déjà visible contre Levante et Naples ;
  • la cadence infernale du calendrier, entre Liga et Ligue des Champions, qui va forcément ouvrir des portes ;
  • son expérience des grands matchs, un atout face à des concurrents moins rodés à ce niveau.

À l’inverse, plusieurs points peuvent freiner sa progression :

  • la confiance accordée au duo Ayoze – Oluwaseyi, qui a souvent eu la préférence en championnat ;
  • un collectif encore en rodage, qui crée moins d’occasions franches qu’à l’époque de Marcelino ;
  • la pression du résultat, avec un Villarreal qui doit vite trouver de la régularité en Liga.

Le prochain rendez-vous arrive vite : un déplacement à Valence le 24 octobre, avant Liverpool en Ligue des Champions. Deux matchs, deux ambiances, deux occasions de rappeler qu’il reste le buteur le plus fiable de l’effectif quand on lui donne les clés.

Vos questions sur Georges Mikautadze

Dans quel club joue Georges Mikautadze ?

Il évolue à Villarreal, en Liga, depuis le 1er septembre 2025. Il est arrivé en provenance de l’Olympique Lyonnais.

Combien Villarreal a-t-il payé pour le recruter ?

Le transfert est estimé à environ 31 millions d’euros selon plusieurs sources spécialisées. Le montant exact des éventuels bonus n’a pas été détaillé publiquement.

Combien de buts a-t-il marqué cette saison ?

Au 20 octobre 2026, il compte 2 buts en Liga et 1 but en Ligue des Champions, inscrit contre Naples.

Pourquoi joue-t-il pour la Géorgie alors qu’il est né à Lyon ?

Né en France, il possède des origines géorgiennes et a choisi de défendre les couleurs de la Géorgie, avec qui il a brillé à l’Euro 2024.

Combien de buts a-t-il marqué à l’Euro 2024 ?

Il a inscrit 3 buts et a terminé co-meilleur buteur du tournoi, aidant la Géorgie à atteindre les huitièmes de finale.

Qui est son entraîneur à Villarreal ?

Iñigo Pérez, ancien coach du Rayo Vallecano, a remplacé Marcelino durant l’été 2026. Il est sous contrat jusqu’en 2029.

Quel a été son meilleur moment à Villarreal ?

Sa première saison, avec 13 buts en Liga et le titre de joueur du mois en février 2026, reste sa période la plus aboutie en Espagne.

Le Géorgien n’a pas dit son dernier mot

Georges Mikautadze n’a jamais eu une carrière en ligne droite. Il a connu les prêts, les départs précipités, les débuts ratés… et il a toujours fini par rebondir. Son but contre Naples ressemble à un rappel adressé à Iñigo Pérez : ne l’oubliez pas trop vite sur le banc.

Valence, puis Anfield. Le calendrier lui offre deux belles scènes pour reprendre sa place. Alors, simple passage à vide ou vrai déclassement dans la hiérarchie du Sous-marin jaune ? Réponse dans les prochaines semaines.