Maghnes Akliouche : le pari à 50 M€ du PSG prend forme

Maghnes Akliouche : le pari à 50 M€ du PSG prend forme

Maghnes Akliouche : le pari à 50 M€ du PSG prend forme

Maghnes Akliouche, la mèche est allumée au PSG

Il aura fallu un peu de patience. Arrivé de Monaco début août contre environ 50 millions d’euros, Maghnes Akliouche a longtemps cherché ses marques dans un vestiaire parisien où chaque place se paie cher. Puis il y a eu deux semaines en octobre. Un premier but face au Mans, un deuxième sur la pelouse de Manchester City, et d’un coup tout le monde à Paris s’est mis à parler de lui.

Et ce mardi soir, le PSG reçoit le FC Barcelone en Ligue des Champions. Un clin d’œil du destin, puisque c’est contre le Barça qu’Akliouche avait marqué son tout premier but en C1, avec Monaco, en septembre 2024. Petite frayeur quand même : le gaucher a pris un gros coup à la cheville gauche samedi à Strasbourg. Bonne nouvelle, il a participé à l’entraînement collectif lundi et ne semblait pas gêné dans ses courses. Alors, où en est vraiment le nouveau numéro 11 parisien ?

De Tremblay-en-France au Rocher : une formation à la monégasque

Pour comprendre le joueur, il faut revenir en arrière. Né le 25 février 2002 à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, Akliouche a usé ses premiers crampons à Villemomble, puis à Torcy, avant de filer à l’académie de l’AS Monaco en 2017. Un parcours classique pour un gamin du 93 : le vivier francilien, puis un grand centre de formation qui le repère avant les autres.

Ses débuts en Ligue 1 ? Le 16 octobre 2021, en entrant en jeu lors d’une défaite à Lyon (2-0). Pas vraiment le genre de soirée qu’on encadre. Son premier but chez les pros arrive en janvier 2023, en Coupe de France contre Rodez, d’une belle frappe à l’entrée de la surface. Le premier en championnat suit en août 2023, lors d’une victoire 4-2 à Clermont.

Ensuite, tout s’accélère. Adi Hütter en fait un titulaire, puis un pilier. La saison 2024-2025 sert de révélation : 7 buts et 12 passes décisives en 43 matchs toutes compétitions confondues. Entre-temps, il y a aussi l’été olympique de 2024. Avec les Bleuets de Thierry Henry, il décroche l’argent et marque en finale contre l’Espagne au Parc des Princes. Un stade qu’il connaît désormais par cœur.

Le profil de Maghnes Akliouche en quelques traits

Concrètement, à quoi ressemble son jeu ? Pour faire simple, c’est un gaucher qui aime partir de la droite pour rentrer dans l’axe, avec une vraie facilité dans les petits espaces. Voilà ce qui le caractérise :

  • Un pied gauche fin, capable de frapper au premier poteau comme de glisser la passe qui casse une ligne.
  • Une polyvalence précieuse : meneur de jeu, ailier droit, voire deuxième attaquant quand on lui laisse de la liberté.
  • Un gros volume de course et une implication défensive rare pour un créateur : sur les trois dernières saisons de Ligue 1, il a été le joueur qui récupérait le plus de ballons dans le dernier tiers adverse.
  • Un point faible connu : le duel physique, et une efficacité devant le but longtemps jugée trop irrégulière.

Ce dernier point, justement, a pesé lourd la saison dernière.

2025-2026, la saison des doutes

On ne va pas se mentir : l’exercice 2025-2026 n’a pas été son meilleur. À l’été 2025, le PSG s’était déjà renseigné, mais Akliouche avait choisi de rester sur le Rocher. Monaco réclamait une somme élevée et le joueur voyait dans cette saison de Coupe du monde une occasion de briller sans devoir s’adapter à un nouveau club.

Le problème, c’est que l’ASM a traversé une saison compliquée, avec une septième place en Ligue 1 au bout. Et son meneur de jeu a suivi la courbe. Début février, la presse le décrivait comme en panne, avec un rendement bien en dessous de ce qu’on attendait de lui. Il restait un cadre par le temps de jeu, mais les statistiques ne suivaient plus.

Il y a pourtant eu une soirée pour rappeler son talent. Le 25 février 2026, jour de ses 24 ans, Monaco se déplace au Parc des Princes pour le barrage retour de Ligue des Champions. Akliouche ouvre le score juste avant la pause d’une frappe du gauche, sur un service de Coulibaly. Le PSG reviendra (2-2) et passera grâce à sa victoire 3-2 à l’aller. Mais à Paris, quelqu’un a pris des notes.

Les Bleus : une porte qui s’ouvre, se ferme… et se rouvre

En parallèle, l’équipe de France s’est invitée dans sa vie. Première convocation en septembre 2025 par Didier Deschamps, premières minutes face à l’Ukraine. En octobre, il entre en jeu à Reykjavik et délivre sa première passe décisive (2-2 contre l’Islande). En novembre, il marque son premier but en Bleu en Azerbaïdjan (victoire 3-1). Pas mal pour un début.

Malgré sa saison en dents de scie à Monaco, Deschamps l’emmène à la Coupe du monde 2026, dans la liste des 26 dévoilée le 14 mai. Mais le Mondial américain ressemble surtout à une longue attente : une seule apparition, douze minutes contre l’Irak en phase de groupes. Pour le reste, il regarde depuis le banc les Bleus tomber en demi-finale contre l’Espagne (2-0), puis perdre le match pour la troisième place face à l’Angleterre dans un 6-4 complètement fou. Fin de l’ère Deschamps.

Maghnes Akliouche et Zidane : un départ raté, un rattrapage réussi

Et c’est là que ça se complique. Nommé sélectionneur le 28 juillet, Zinédine Zidane dévoile sa première liste le 18 septembre… sans Akliouche. Le Parisien fait partie des absents remarqués, avec Marcus Thuram et Jean-Philippe Mateta. Zizou assume ses choix et veut voir d’autres profils.

Trois jours plus tard, retournement : Warren Zaïre-Emery se blesse aux adducteurs et c’est son coéquipier du PSG qui le remplace. Résultat ? Titulaire en Belgique (victoire 1-0), puis de nouveau titulaire contre ces mêmes Belges au Stade de France (4-1). Pas de but, pas de passe, une prestation jugée moyenne par une partie des observateurs, mais une chose est claire : Zidane le regarde.

DateMatchCompétitionRôle d’Akliouche
13 octobre 2025Islande – France (2-2)Éliminatoires Coupe du mondeEntré à la 64e, première passe décisive
16 novembre 2025Azerbaïdjan – France (1-3)Éliminatoires Coupe du mondePremier but en sélection
26 mars 2026Brésil – France (1-2)Match amicalEntré en jeu, 10 minutes
29 mars 2026Colombie – France (1-3)Match amicalTitulaire, 63 minutes
22 juin 2026France – Irak (3-0)Coupe du mondeEntré en jeu, 12 minutes
28 septembre 2026Belgique – France (0-1)Ligue des nationsTitulaire, 77 minutes
5 octobre 2026France – Belgique (4-1)Ligue des nationsTitulaire, remplacé à la 60e par Rayan Cherki

Mais revenons à l’été, et au transfert qui a tout changé.

Un mercato qui a traîné… puis tout s’est emballé

Le feuilleton a duré. Fin juillet, Monaco refuse une première offre parisienne de 45 millions d’euros plus 5 millions de bonus. Les discussions continuent, Liverpool est cité parmi les clubs intéressés, et le dossier finit par se débloquer dans les derniers jours du mois. Le 6 août, c’est officiel : contrat jusqu’en 2031, un montant estimé à 50 millions d’euros, et le numéro 11 sur le dos.

Pour Monaco, c’est la fin d’une histoire : 139 matchs de Ligue 1 et 23 buts avec le club de la Principauté. Pour le PSG, double champion d’Europe en titre et champion de France, c’est un choix assumé : miser sur un Français formé en Ligue 1, qui connaît le championnat et peut jouer à plusieurs postes.

Ce que Luis Enrique attend de lui

Dans le système du coach espagnol, personne n’est intouchable. Les ailiers doivent presser, compenser, défendre haut, et changer de couloir sans prévenir. Sur le papier, Akliouche coche beaucoup de cases :

  • Son pressing et sa récupération haute collent à l’ADN parisien depuis l’arrivée de Luis Enrique.
  • Sa capacité à jouer côté droit comme dans l’axe offre une rotation crédible quand le calendrier s’emballe.
  • Son profil de gaucher à droite apporte une autre façon d’attaquer que celle de Désiré Doué.
  • Son statut d’international français compte aussi dans un effectif qui doit rester compétitif sur trois fronts.

Des débuts discrets, puis l’explosion d’octobre

Franchement, les premières semaines ont été timides. Première apparition le 12 août, lors de la victoire en Supercoupe d’Europe face à Aston Villa (2-1) : un trophée dès son premier match, ça ne se refuse pas. Quatre jours plus tard, il y a la défaite au Trophée des champions face à Lens. Puis des titularisations sans grand relief, malgré une passe décisive pour Ferran Torres contre le Slovan Bratislava en ouverture de la phase de ligue de C1.

Et puis le 10 octobre, tout bascule. Luis Enrique fait tourner face au Mans, à quatre jours du choc à Manchester. Les remplaçants habituels déçoivent pour la plupart, sauf un. Placé à droite, Akliouche finit par trouver le chemin des filets d’une frappe surprenante à angle fermé, au premier poteau. Le gardien manceau a d’ailleurs reconnu après coup qu’il ne l’avait pas vu venir. Score final : 3-1. Dans la foulée, Luis Enrique a publiquement couvert son joueur d’éloges, assurant en substance qu’il aimait tout chez lui.

Quatre jours plus tard, à l’Etihad Stadium, le PSG signe un nouveau récital européen (2-4). Doué, Dembélé, Vitinha… et Akliouche, qui inscrit le quatrième but d’une frappe puissante que Donnarumma, revenu le hanter sous le maillot de City, n’a fait qu’accompagner. Un but dans un match de ce niveau, sur la pelouse de Guardiola, ça vaut plus qu’un simple chiffre dans une fiche de stats.

DateMatchCompétitionCe qu’il faut retenir
12 août 2026PSG – Aston Villa (2-1)Supercoupe d’EuropePremier match officiel, premier trophée
16 août 2026PSG – LensTrophée des championsDéfaite parisienne, finaliste
9 septembre 2026PSG – Slovan BratislavaLigue des ChampionsPremière passe décisive, pour Ferran Torres
10 octobre 2026PSG – Le Mans (3-1)Ligue 1, 6e journéePremier but sous le maillot parisien
14 octobre 2026Manchester City – PSG (2-4)Ligue des ChampionsBut du 4-1, premier but européen avec Paris
17 octobre 2026Strasbourg – PSGLigue 1, 7e journéeTouché à la cheville gauche après un gros tacle

À la veille du Barça, son bilan tient en quelques chiffres : un but en sept matchs de Ligue 1, un but et une passe décisive en deux apparitions en Ligue des Champions. Rien de délirant. Mais la tendance, elle, est clairement à la hausse.

Le Barça ce soir, et après ?

Le timing est parfait. Le PSG partage la tête de la Ligue 1 après sept journées, carbure en Europe avec deux victoires en deux matchs, et reçoit un Barça qui vient de surclasser le Betis. Akliouche a lui-même lancé l’affiche en assurant, en gros, que Paris serait au rendez-vous. Reste à savoir si Luis Enrique lui fera confiance d’entrée.

Mais attention, la concurrence ne fait pas de cadeaux. À droite, Désiré Doué reste une référence. Ousmane Dembélé, Ballon d’Or 2025, garde une place à part. Khvicha Kvaratskhelia peut tout faire basculer en une action. Sans oublier les jeunes et les nouveaux venus qui poussent derrière. Pour s’installer durablement, voilà ce qu’Akliouche devra montrer :

  • De la régularité : enchaîner les bonnes prestations, pas seulement les coups d’éclat.
  • De l’efficacité : transformer ses bonnes séquences en buts et en passes décisives, son grand chantier depuis Monaco.
  • De la solidité dans les duels, surtout contre les blocs physiques de Ligue des Champions.
  • De la santé : la cheville touchée à Strasbourg doit rester une simple alerte.

Côté Bleus, l’enjeu est tout aussi clair. Zidane prépare déjà l’après-Mondial, avec le tirage au sort des éliminatoires de l’Euro 2028 prévu en décembre. Un Akliouche décisif à Paris, c’est un Akliouche que le sélectionneur ne pourra plus laisser de côté à la prochaine liste. Avec Michael Olise, Rayan Cherki ou Désiré Doué dans les mêmes zones, la bataille s’annonce rude.

FAQ sur Maghnes Akliouche

Quel âge a Maghnes Akliouche ?

Il est né le 25 février 2002 à Tremblay-en-France. Il a donc 24 ans.

À quel poste joue-t-il ?

Milieu offensif de formation, il évolue souvent comme ailier droit. Gaucher, il aime repiquer dans l’axe pour frapper ou faire la dernière passe.

Combien le PSG a-t-il payé pour le recruter ?

Le transfert depuis Monaco, officialisé le 6 août 2026, est estimé à environ 50 millions d’euros. Il est sous contrat jusqu’en 2031.

A-t-il disputé la Coupe du monde 2026 ?

Oui, il faisait partie des 26 joueurs retenus par Didier Deschamps. Il n’a joué qu’une douzaine de minutes, contre l’Irak en phase de groupes.

Combien de buts a-t-il marqués avec le PSG ?

À la veille de PSG – Barcelone, il compte deux buts : contre Le Mans en Ligue 1 et à Manchester City en Ligue des Champions.

Est-il appelé par Zinédine Zidane en équipe de France ?

Absent de la première liste de Zidane, il a été rappelé quelques jours plus tard pour remplacer Warren Zaïre-Emery, blessé. Il a ensuite été titulaire lors des deux matchs contre la Belgique.

Peut-il jouer pour l’Algérie ?

Il possède la double nationalité franco-algérienne, mais il a déjà disputé des matchs officiels avec la France, notamment en Coupe du monde. Son choix sportif est fait.

Le Parc des Princes a vu Maghnes Akliouche marquer contre Paris il y a huit mois. Ce soir, il pourrait bien l’y voir marquer pour Paris, face au club contre lequel tout avait commencé en Ligue des Champions. Simple soirée de rotation ou nouvelle étape vers une place de titulaire ? Réponse au coup de sifflet final.